Les débuts du travail en liberté

La liberté. Qui ne rêve pas d’y avoir accès ? Ici, je parle de liberté dans le sens où le binôme cheval-cavalier évolue sans artifice. Il y a toutefois des nuances à apporter selon si on laisse le cheval libre de ses mouvements, libre de ses pensées, libre de ses choix… C’est également un bon sujet d’article que j’aborderai plus tard.

La plupart du temps, on nous apprend à intégrer la liberté dans notre couple seulement et uniquement quand les bases sont solides. Lorsqu’on a obtenu la confiance de notre cheval, son respect, la connexion au licol… On pourrait même dire que la liberté, c’est la cerise sur le gâteau.

Quand on enlève le licol, une seule chose reste : la vérité

Andy Booth

En revanche, d’autres professionnels préconisent de commencer la liberté au début même de la relation, sans qu’aucun travail au préalable n’ait été réalisé.

Alors, comment se rapprocher de son rêve en se mettant en sécurité et en assurant le fonctionnement global et harmonieux du couple ?


Banaliser la liberté

C’est une question qu’on m’a posée sur Instagram et voici ma réponse : banaliser la liberté. Tout d’abord, plus les exercices sont exposés et acquis tôt dans l’entrainement et plus le cheval développera des connexions neuronales fortes. En d’autres mots, ce sera quelque chose de normal pour lui et il ne verra pas la différence entre avec et sans licol.

De plus, il y a toujours un travail énorme à faire sur soi. Si on commence à considérer la liberté comme une phase importante de la relation, on va se mettre la pression, notre rythme cardiaque va augmenter, nos demandes deviendront de moins en moins claires etc. Conséquence de cela, le cheval, face à ces réactions disproportionnées, n’aura pas confiance en ce que nous faisons et s’en ira. On aura beau penser que rien a changé dans notre manière de demander les comportements/exercices mais le cheval, lui, sentira le stress en nous et associera la liberté à quelque chose de stressant. Ce n’est absolument pas ce que l’on recherche.

Rappelons nous qu’un cheval est considéré comme une proie. Dans sa tête, tout est clair : s’il n’y a pas de danger, il ne faut pas stresser, il ne faut pas s’agiter. Lorsqu’il nous voit sous pression, il pense qu’il est danger et il juge la situation comme étant inconfortable.

C’est exactement pour cela que j’ai utilisé le mot banaliser. Rendre la liberté aussi normale pour lui que pour nous. Nous aussi, nous devons comprendre qu’elle fait partie intégrante de notre relation. Nous devons apprendre à vivre avec elle, à souffler et à tout simplement apprécier ce moment où le lien que nous avons avec notre cheval s’exprime entièrement.


Rester en sécurité

Banaliser la liberté ne veut pas dire lâcher notre cheval n’importe où, n’importe quand et sous n’importe quelle condition.

Dans un premier temps, il faut connaître notre cheval le plus possible : ses frayeurs, ses traumatismes, son énergie, ses émotions… Plus on sera en mesure d’analyser notre cheval instant après instant, et plus il sera facile pour nous d’ajuster nos demandes et notre manière d’être.

Puis, on pourra commencer à utiliser la liberté dans un endroit clôturé pour vérifier le lien qui nous unit à lui. Que ce soit la première séance, la dixième séance, notre premier moment de liberté peut simplement être marcher au pas en harmonie. Ou même avoir notre cheval qui se tient calmement à nos côtés. Beaucoup moins extravagant que ce que l’on peut voir sur internet, mais il ne faut pas minimiser les petites victoires et ces précieux moments.

Doucement par la suite, trouver un lieu où votre cheval se sent bien et où c’est « routinier » pour lui. Il peut très bien s’agir du chemin entre son box et son paddock ou de celui entre la carrière et sa pâture. Le but ici est que nous nous sentons bien pendant cet endroit habituel. Il faut apprendre à canaliser notre énergie et à faire confiance à notre cheval qui connaît déjà parfaitement la route. Cela permettra aussi de rester en sécurité et d’intégrer progressivement la liberté dans notre quotidien.

❗ Ne pas faire cet exercice si le cheval est excité, si nous avons passé une mauvaise journée et que nous avons juste envie de nous prouver quelque chose (je connais bien ce sentiment 😉 ), s’il y a du vent… Prenons le contexte en considération pour ne pas nous faire de frayeur et pour ne pas nous mettre en danger. Une autre astuce pour éviter tout incident est de faire cet exercice avec un cheval ami tenu en longe. Les chevaux sont grégaires et si le nôtre a envie de se déconnecter car nous avons du mal à gérer vos émotions, il ira rejoindre son camarade.

Progressivement, nous sentirons que nous pourrons étendre cet espace dédié à la liberté : des plaines, des champs d’herbe, la plage… Step by step 🙂

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