Le targeting

La cible, ou target, est un des outils phares quand on travaille avec une méthode basée sur le renforcement positif. On est tout de suite super impatient d’utiliser la cible dans nos séances ! C’est effectivement un exercice que l’on peut aborder avec le cheval assez rapidement dans notre programme, reste toutefois à se renseigner un petit peu 🙂

Qu’est ce qu’une cible ?

Le targeting fait partie des six techniques de conditionnement opérant. D’après Dr. Zeligs, c’est le meilleur des moyens de communication. Le principe est d’apprendre au cheval à toucher un objet (cible) avec une partie de son corps. Ses utilisations ne se limitent pas qu’au touché. On pourra effectivement apprendre au cheval à suivre cette cible. Dans ce cas, il ne touche pas la cible : elle sert ici à guider le cheval. On pourra également utiliser des cibles stationnaires où il s’agira d’envoyer le cheval sur cette cible ou de l’avoir immobile à la cible.

Le targeting est loin d’être la seule technique que l’on peut utiliser en renforcement positif. Il existe également le scanne et capture, la manipulation, le mimétisme et le leurre. L’apprentissage de la cible se fait d’ailleurs en scanne et capture.

Une cible peut être n’importe quel objet. Le mieux est d’avoir un stick avec quelque chose à la fin pour encourager le cheval à toucher la cible plutôt que de toucher la main. La cible doit être légère pour qu’on la tienne facilement, visible par le cheval (éviter les balles de tennis ou les objets trop petits en terme général) et ne doit pas non plus représenter de danger si le cheval l’attrape avec ses lèvres ou met les pieds dessus. Exemple de cibles : un long stick avec une frite de piscine accrochée au bout, une cravache avec une bouteille en plastique, un cône…

A quoi sert une cible ?

La cible pour améliorer le reculé

Le rôle de la cible est d’aider le cheval à se mouvoir de manière différente. Autrement dit, on utilise une cible uniquement pour les déplacements particuliers ou pour améliorer la posture. Elle ne représente qu’une aide supplémentaire pour l’apprentissage de comportements. Par exemple, on peut utiliser la cible pour :

  • Le reculé
  • Le déplacement des épaules
  • La cession verticale et latérale
  • La longe
  • Le rassemblé
  • La désensibilisation
  • Le medical training
  • L’incurvation

Deux vidéos explicatives (en anglais) des utilisations de la cible

Le targeting peut s’avérer utile pour gérer l’état émotionnel du cheval. En effet, ça peut l’aider à retrouver un équilibre au niveau de ses émotions. Une fois que le cheval connait le targeting, il va avoir envie de se prêter au jeu pour obtenir une récompense. On pourra alors présenter la cible uniquement quand le cheval devient calme, puis renforcer les états émotionnels et les comportements associés.

De plus, la cible explique le comportement. Elle est initialement introduite comme outil de communication mais peut rapidement devenir outil de motivation grâce à l’association positive que le cheval aura faite avec elle (leurre). Le targeting est la technique la moins frustrante pour le cheval étant donné qu’il n’a pas à deviner ce qu’on attend de lui. On ne le met plus dans un état de fuite : il sait où il va, il a le contrôle de la situation. Le cheval apprend donc que ce sont ses propres actions qui mènent à une récompense. On peut aussi utiliser la cible en mode « Start Button » ce qui permet alors au cheval de dire quand il se sent prêt : empowerment.

Introduire la cible

Par ma petite expérience, la cible ne doit pas être le premier exercice qu’on apprend à nos chevaux. On risque de créer de la dépendance si on l’introduit trop tôt et/ou si on la retire de nos séances trop tard. Avant de succomber à notre motivation débordante pour intégrer cet outil dans notre relation, je conseille d’avoir des pré-requis.

Les pré-requis : Avoir un cheval qui se tient à notre épaule « par défaut » + avoir un cheval qui nous suit (au pas et/ou à des allures supérieures).

Une des erreurs que j’ai pu faire était de croire que la cible avait pour objectif premier de faire en sorte que notre cheval nous suive. Je ne conseille pas de fonctionner de cette manière car on risque de perdre toute la fluidité de notre « stick to me » et la cible n’aura plus son intérêt.

Le cheval est curieux par nature donc si on lui présente un objet qui lui est inconnu, il va naturellement s’y intéresser. Pour introduire la cible, on présente la cible au cheval. Dès qu’il la touche (ou qu’il s’en approche) : on clique, on retire la cible en la mettant derrière nous et on donne une récompense. On attend que le cheval ait fini de mastiquer pour représenter la cible.


Quelques points à noter

  • Attendre que le cheval soit détendu pour lui présenter la cible.
  • Ne pas récompenser le cheval s’il essaie de fouiller la poche de friandises après avoir entendu le click : attendre qu’il tourne sa tête et récompenser.
  • Un cheval qui mord la cible est un signe de tension. Il est donc recommandé d’ignorer les moments où il mord et de ne marquer que lorsqu’il est détendu. S’il mord constamment, on peut demander de toucher la cible avec son museau et non sa bouche.

Mener avec une cible

Utilisation de la cible pour faire trotter le cheval sur un cercle

Utiliser une autre cible pour « mener » afin que le cheval comprenne qu’il doit bouger vers elle. Sur la photo ci-dessus on me voit avec la même cible que la précédente, j’ai réalisé il y a peu de temps qu’il valait mieux utiliser des cibles différentes en fonction des comportements associés.

Pour apprendre à suivre une cible : la mettre devant le cheval, attendre qu’il bouge vers elle et cliquer à ce moment là. Ce mouvement peut aussi bien être un pas vers elle comme un déplacement de poids vers l’avant. Les premières fois que l’exercice est abordé doivent être faciles pour le cheval. Après le clique, mettre la cible de côté.

Ma cible n’est pas aussi légère qu’il ne parait, j’avais alors tendance à la mettre assez basse. Ça demandait alors à Tangka un effort plus important. Je conseille donc de mener le cheval avec la cible à hauteur de la position d’encolure naturelle de votre cheval. On pourra associer la position basse de la cible à une extension d’encolure plus tard dans l’entrainement.

Photo : Connection Training

Aller et rester à la cible

Apprentissage d’aller sur la cible et d’y rester

Sur le même principe que mener avec une cible, on présente ici une cible stationnaire au cheval. La cible est généralement posée au sol comme un cône. Dès que le cheval touche la cible stationnaire : clic, récompense. Pour faciliter l’apprentissage, on utilise une même cible et on pratique cet exercice au même emplacement.

Pour vérifier si le cheval a compris et pour commencer à mettre en place son code, on se met un peu en arrière du cheval et le laisser y aller. On commence à reculer pour le récompenser afin que, plus tard, on soit complètement derrière lui pour lui demander d’aller à la cible. Progressivement, on laisse le cheval à la cible et on bouge autour de lui, en augmentant la distance au fur et à mesure. Si le cheval hésite à aller à la cible, on clique, on récompense quand il se rapproche d’elle.

Et après ?

Utilisation de la cible pour améliorer le salut de Tangka

Les utilisations de la cible sont très variées et vraiment positives pour le cheval. Il est tout à fait possible de transférer les codes appris avec une cible en codes vocaux ou gestuels pour pouvoir s’en passer rapidement. Dans ce cas, on ne présentera la cible que pour réorienter le cheval s’il se met dans une situation où il devient confus et anxieux.

Pour permettre au cheval de faire une généralisation et pour s’amuser un peu, on peut utiliser des cibles « hors du commun » comme un jouet plastique pour chien, un donuts en plastique..

Pour parler un peu tours de cirque, on peut utiliser la cible pour apprendre au cheval tous les tours qu’on souhaite ! En revanche, pour les comportements naturels (le couché par exemple), il est recommandé d’utiliser du scanne et capture si possible.

On peut aussi utiliser le système de cible pour du medical training. Ici, j’utilise ma main comme cible et j’apprends à Tangka à amener sa tête vers moi pour progressivement avoir son oeil (traitement des uvéites).

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