Lire son cheval

Les signaux d’apaisement

Les chevaux vont utiliser des signaux d’apaisement sans pour autant que cela signifie qu’ils font face à un stress important ou qu’ils sont tendus. Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, ils mettent en place ces comportements dans le but de maintenir un environnement agréable, pour protéger et préserver leurs relations sociales. En effet, des relations stables sont primordiales pour veiller au bien-être du cheval. 

Le cheval est détendu. Il perçoit un stimulus. Il enregistre cela comme un moment léger de tension. Il donne un signal d’apaisement. Et il se détend de nouveau. Il va n’effectuer que des signaux d’apaisement quand il ne ressent pas ou peu de tension.

Les signaux d’apaisement ont pour objectif de permettre au cheval de réduire sa propre tension mais également de calmer son environnement : un cheval, un humain, un objet. S’il faut bien retenir une chose dans les recherches de Rachaël, c’est que les chevaux faisant ces comportements auront un contact direct avec l’objet/la personne concernée. Les signaux émis par les chevaux sont dirigés vers un stimulus de l’environnement et si rien ne change, les chevaux continueront de donner un ou plusieurs signaux d’apaisement.

Les signaux d’apaisement peuvent apparaitre dans deux situations : lorsque le stress chez le cheval augmente ou qu’il diminue. En effet, le cheval va attendre de se détendre un peu plus pour montrer des signaux d’apaisement (cf comportements de remplacement).

J’aimerais détailler certains de ces comportements dans cet article 🙂 Quelque chose que j’ai compris grâce à ce livre, c’est de ne pas observer les comportements de manière individuelle mais de les observer dans leur ensemble. Un comportement peut dire mille choses selon la situation et selon les comportements qui le succèdent.

Tout d’abord, sortir la langue. C’est un comportement qui est rarement décrit et qui fait beaucoup moins de bruit que les raisons du mâchouillent, pourtant, je le trouve tout aussi fascinant. Rachaël explique que sortir la langue peut être en lien direct avec une bouche sèche, qui résulte de l’augmentation du niveau d’adrénaline. Une idée reçue que l’on peut avoir est que les chevaux produisent de la salive quand il s’apprête à manger. Ce n’est pas correct. Si le cheval commence à sortir sa langue ou à mâchouiller quand on est sur le point de le nourrir, cela veut peut-être dire qu’il produit de l’adrénaline (hormone du stress) et qu’il perçoit ainsi la situation comme stressante. De plus, un cheval peut sortir sa langue s’il souffre de problèmes de dents ou s’il boit de l’eau froide. Il peut également mâchouiller après avoir mangé quelque chose de délicieux.

On demande souvent aux chevaux en travail à pied de baisser la tête car ça pourrait les aider à les détendre. Or… Un point que j’aimerais souligner c’est qu’un cheval détendu n’a pas besoin de se détendre. Donc si on souhaite voir le cheval se détendre, c’est avant tout parce qu’on lui a fait subir un stress. En effet, le cheval va baisser la tête brièvement quand il a vu, entendu ou ressenti quelque chose d’excitant et peut-être un effrayant. En baissant la tête, il laisse la tension descendre avec elle.

Les chevaux ne sont pas des animaux territoriaux. En revanche, il leur est possible de « séparer deux parties » . En d’autres termes, ils vont arrêter la communication entre les deux individus/objets inanimés comme deux animaux, un animal + un humain, un animal + un objet… Quand une personne, un animal ou un objet a une valeur importante aux yeux du cheval, il pourrait essayer de le garder exclusivement en utilisant ce comportement de séparation. On peut remarquer ce comportement en pâture quand les ressources (eau + nourriture) sont limitées.

Un cheval va montrer ses postérieurs quand il ne veut pas avoir de contact avec les autres chevaux ou qu’ils veulent éviter le conflit. D’après les observations de Rachaël, un cheval qui montre son arrière main de cette manière démontre qu’il est détendu et ne veut pas de conflit. Quand il montre ses postérieurs de la sortie, ses oreilles sont pointées vers quelque chose de complètement différent du stimulus en question. Le cheval a simplement coupé la communication et le mieux qu’on puisse faire est d’attendre qu’il se déconnecte de lui même.

Un cheval qui ne veut pas être dérangé montrera les flancs. Contrairement à lorsqu’il montre ses postérieurs, il s’agit ici d’une pause dans la communication. Après avoir effectué ce comportement, beaucoup de chevaux prendront l’initiative d’aller vers le stimulus. Néanmoins, cela se produit uniquement si l’ homme ou l’animal ne va pas à la rencontre du cheval montrant ce comportement. Le cheval doit pouvoir choisir de reprendre le cours de la communication.

Un cheval va se mettre à manger pour supprimer une tension et empêcher la montée en pression entre lui et les autres stimuli. Quand le cheval utilise l’activité de manger comme signal d’apaisement, son attention sera dirigé vers l’objet qui a provoqué sa réaction. On a tous déjà vu nos chevaux en balade le faire ! De plus, mâcher et manger permettent de réduire la tension. Un cheval très stressé, qui a pris peur ou autre mangera beaucoup plus rapidement. Néanmoins, si la tension est trop importante, il ne sera plus en mesure de manger (CF article sur le stress). Manger est une activité sociale pour le cheval. Le cavalier va parler de connection quand il monte son cheval ou qu’il le travaille à pied, alors que le cheval sentira cette connection quand ils mangent ensemble. Rachaël explique que promener son cheval à pied et l’autoriser à manger pourrait renforcer davantage le lien que lorsque nous travaillons monté.

Il existe 3 types d’immobilité : l’immobilité en réponse à un stimulus, l’immobilité résultant d’un niveau élevé de tension qu’on appelle « freeze » , et le ralentissement de l’activité en cours comme signal d’apaisement. Dans le premier cas, le cheval va littéralement arrêter l’activité qu’il est en train de faire pour se figer. Tangka le fait souvent quand il broute et qu’il entend quelque chose au loin. Il arrête de brouter, toujours le nez dans l’herbe et reprend son activité plus rapidement (signal d’apaisement) après. Quand le cheval « freeze » , tous les muscles de son corps vont se figer et il se tient prêt à fuir le stimulus : c’est une réaction physique. Enfin, un cheval va ralentir l’activité en cours parce qu’il a envie de se rapprocher du stimulus.

Page 3 : Les comportements de remplacement

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3 commentaires sur « Lire son cheval »

  1. Merci Agathe pour cet article très intéressant !! J’ai une petite question, quand un cheval baille plusieurs fois de suite en peu de temps, les yeux mi clos et mâchouille après s’etre reposé plusieurs minutes, cela ne veut pas forcément dire qu’il vit un moment de stress non ? Merci de ta réponse 🙂

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    1. Hello !

      Non. Comme c’est écrit, il doit y avoir un contact direct avec l’objet/la personne concernée. Si ton cheval se repose et n’est attentif à rien d’autre, c’est juste du repos 🙂

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