Le budget-temps du cheval

On parle de budget temps lorsqu’on observe la répartition des activités du cheval sur 24 heures. Dans cet article, nous parlerons des différences de comportements observées selon l’hébergement du cheval. Ces données sont issues d’une étude menée par l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation (IFCE) mais vous pouvez aussi vous amuser à observer vos propres chevaux. Le temps passé à chacune des activités citées varie selon de multiples facteurs notamment la saisonnalité, les ressources disponibles, la météo, l’état psychologique du cheval et les exercices.


Les besoins du cheval en condition naturelle

ALIMENTATION

En condition naturelle, les chevaux passent la majorité de leur temps à s’alimenter. La recherche et la consommation de nourriture leur prend environ 60% de la journée, c’est-à-dire entre 15 et 18 heures par jour.

Ils ne sont donc jamais plus de 4 heures sans manger. Leur estomac produit de l’acide gastrique en permanence. Lorsque le cheval mange, il produit de la salive et ensemble, salive + nourriture neutralisent l’acide gastrique contenu dans l’estomac. Ainsi, si le cheval ne mange pas pendant un laps de temps trop important, cet acide n’est pas neutralisé et les risques de développer des ulcères sont élevés.

Les chevaux sont des herbivores mais ne sont pas des ruminants, c’est-à-dire, ils mangent et digèrent en continu. Leur régime alimentaire est principalement constitué de fourrage, il peut s’agir d’herbe mais également de feuilles d’arbres, de brindilles, d’arbustes. L’alimentation et l’abreuvement sont des activités sociales pour les chevaux. Contrairement à lorsqu’ils jouent, les chevaux mangeront aux côtés des chevaux avec lesquels ils sont le plus proches.

REPOS

Les chevaux dorment 25% de la journée, ce qui correspond en moyenne à 6 heures (sommeils légers et profonds confondus). En effet, ils ont la capacité de dormir debout, on parle alors de somnolence ou de sommeil léger. Le sommeil paradoxal, quant à lui, est caractérisé par le repos où le cheval est dans une position couchée.

Le cheval alterne des phases d’éveil et de sommeil sur 24 heures selon la photopériode et la température. Il va effectivement dormir plus longtemps lorsqu’il fait nuit. Il dort par période de 30 à 60 minutes.

Les chevaux ont besoin de sommeil de repos complet, donc quand il est étendu de tout son long, pour rester équilibrés. Sans ce repos, ses performances vont diminuer, il peut développer des troubles du sommeil et de l’agression.

SURVEILLANCE

Les chevaux consacrent 6% de leur temps à surveiller leur environnement soit 1 à 2 heures par jour. De part sa nature de proie, il se doit d’observer ce qu’il se passe autour de lui. Il se comporte en levant la tête, en s’orientant vers l’objet de son attention…

DEPLACEMENTS AUTRES QUE LIES A L’ALIMENTATION

Sur le graphique, vous pouvez observer « déplacements hors alimentation« . En effet, les chevaux se déplacent principalement lorsqu’ils broutent : plusieurs bouchées – un pas en avant – plusieurs bouchées – un pas en avant (…). Ici, on parle de déplacements hors alimentation lorsque le cheval se déplace pour aller au point d’eau ou vers un endroit abrité. Contrairement aux idées reçues, un cheval à l’état naturel va parcourir 10km par jour maximum. Il se déplace principalement au pas. Le trot et le galop sont des allures qu’il prend quand il doit fuir ou quand il joue avec un congénère par exemple.

Les chevaux doivent avoir assez de place pour s’éloigner les uns des autres sans se faire coincer et les ressources doivent être à la disposition de tout le troupeau afin de limiter les agressions.

AUTRES COMPORTEMENTS

Il s’agit de moments où le cheval va établir des liens avec ses congénères notamment des interactions (du « jeux » ), faire leurs besoins (uriner et déféquer), du grooming… Dans ce pourcentage est aussi pris en compte les moments d’abreuvement.

Les chevaux ont besoin de 5,2 litres d’eau/100kg/jour. En d’autres termes, un poney de 200-300kg va boire 10-15 litres, un cheval de 300-450kg va boire 15-25 litres et un cheval de 450-500kg va boire 25-30 litres. 89% des buvées ont lieu avant ou après le repas.


Le cheval en conditions « limitées »

Les chevaux ont besoin d’être en contact avec d’autres chevaux. En effet, ce sont des animaux grégaires et sociaux qui ont besoin de contacts sociaux positifs entre eux. Le lieu d’hébergement se doit de permettre des contacts sensoriels (visuels, olfactifs, tactiles, auditifs) pour le bien-être des chevaux s’ils ne peuvent pas être en troupeau.

Un cheval qui passe plus de temps à observer (notamment en box sans contact visuel et physique) va développer des stéréotypies. Les stéréotypies sont dues à un stress et les facteurs sont multiples : alimentation trop concentrée, manque de sortie, de présence et de contact avec ses congénères. Un cheval tique pour supporter son environnement domestique. 

La physiologie du cheval est faite pour qu’il marche toute la journée. Les cœurs des chevaux sont effectivement relativement petits par rapport à la taille de leur corps, ce qui facilite la circulation sanguine. Cependant, lorsqu’ils sont au box, le système circulatoire ne peut pas fonctionner de cette manière et le cœur ne fonctionne pas de manière optimale. Le mouvement est également nécessaire pour le fonctionnement optimal du système squelettique, en particulier dans le développement, car il stimule la croissance de la densité osseuse.


Un dernier mot sur la notion de bien-être animal

Brambell (1965) a énonce 5 principes appelés en anglais « Five Freedoms  » qui ont ensuite été repris par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Ces principes font aujourd’hui référence à la définition de bien-être animal.

  1. Ne pas souffrir de la faim ou de la soif – accès à de l’eau fraîche et à une nourriture adéquate assurant la bonne santé et la vigueur des animaux.
  2. Ne pas souffrir d’inconfort – environnement approprié comportant des abris et une aire de repos confortable.
  3. Ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies – prévention ou diagnostic rapide et traitement.
  4. Pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce – espace suffisant, environnement approprié aux besoins des animaux, et contact avec d’autres congénères.
  5. Ne pas éprouver de peur ou de détresse – conditions d’élevage et pratiques n’induisant pas de souffrances psychologiques.


Bibliographie

Brambell, R. (1965). Report of the technical committee to enquire into the welfare of animals kept under intensive livestock husbandry systems. London.

Draaisma, R. (2018). Language Signs & Calming Signals of Horses. CRC.

Grison, A.-C., Doligez, P., & Vidament, M. (2014). Le budget temps. Institut Français du Cheval et de l’Equitation.

Rogers, S. et al. (2018). Equine Behaviour in Mind. Suzanne Rogers.

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