Les 10 principes d’entrainement

L’ISES (International Society for Equestrian Science) a mis en avant dix principes fondamentaux qui visent à préserver le bien-être de nos compagnons et à leur permettre d’apprendre plus efficacement lors de nos séances. Ces principes sont valables quelque soit l’âge, la race, le sexe et l’utilisation du cheval. Ils sont basés sur la nature même du cheval ainsi que sur les théories d’apprentissage. L’idée est de pouvoir utiliser ces principes à n’importe quelle étape de l’entrainement. En lisant chaque recommandation, il est facile de comprendre comment travailler avec les chevaux de manière générale sans forcément se mettre dans une case.


Les principes en détails

Le premier principe veille à assurer la sécurité du cheval et de l’humain. La sécurité, quelque chose de primordiale lorsqu’on a décidé de travailler avec des animaux aussi puissants les chevaux. En effet, ils peuvent facilement nous blesser si nous ne prenons pas les précautions nécessaires. Il faut alors apprendre et reconnaître les comportements liés au stress et à la peur, connaître les parties du corps du cheval susceptibles de nous faire mal comme l’arrière main, rester consistent et clair dans nos demandes pour éviter la confusion et ainsi éviter de provoquer des comportements agressif. Nous pouvons également faire mal au cheval. C’est pour cela qu’il faut veiller à minimiser les équipements/conditions de vie/méthodes qui peuvent le blesser et le stresser et faire en sorte que le couple cheval-cavalier soit adapté (poids du cavalier, objectif d’équitation, tempéraments…).

Le deuxième principe concerne la nature du cheval. Nous devons veiller à son bien-être. Etre en état de bien-être va permettre au cheval d’être en bonne santé, d’apprendre correctement, de vivre longtemps, d’être « bien » dans sa vie tout simplement. Pour cela, il est essentiel de respecter ses besoins naturels notamment de lui fournir de la nourriture à volonté et pendant de longues périodes, de le mettre en compagnie d’un ou de plusieurs chevaux et de lui donner la possibilité de se déplacer. Il n’existe pas de relation dominant-dominé à travers la relation homme-cheval. Il faut éviter les pratiques désagréables comme le tord-nez/tord-oreille et savoir reconnaitre les signes de douleurs.

Le troisième principe est d’avoir conscience des capacités mentales et sensorielles du cheval. Il faudrait les prendre en considération lorsque nous travaillons avec eux pour éviter de faire de l’anthropomorphisme (Def : Tendance à attribuer aux animaux et aux choses des réactions humaines). En effet, il ne faut pas surestimer les capacités mentales du cheval (ex : « Il le fait exprès » ) mais ne pas les sous-estimer pour autant (ex : « Cravache-le, il ne sent rien » ). Le cheval entend et voit le monde différemment, je vous conseille de recycler vos lunettes 3D de cinéma et de mettre du scotch au milieu, vous allez avoir un choc ! Par ailleurs, il faut éviter les longues séances. Une heure de concentration est aussi difficile pour un cheval que ça l’est pour un Homme.

Le quatrième principe veille à reconnaitre les états émotionnels du cheval. Le cheval est considéré comme un animal de proie. Il va fuir ou se battre lorsqu’il a peur (fight or flight response). Il peut également se figer. Ce sont des réactions qu’il faut éviter lors de nos séances. Pour cela, il est important de maintenir le niveau d’excitation au plus bas en aidant le cheval à se relaxer et en encourageant les états émotionnels positifs. Les attitudes de relaxation doivent faire partie intégrante des séances.

Le cinquième principe concerne les techniques de désensibilisation. Plusieurs méthodes existent et il est interessant de les connaître pour pouvoir les utiliser de la bonne manière. On note alors qu’on devrait :

  • Approcher de façon progressive un objet dont le cheval est effrayé ou, si possible, approcher un objet de plus en plus effrayant proche du cheval (désensibilisation systématique) ;
  • A une distance de sécurité, garder le contrôle de l’arrière main lorsqu’on approche un objet effrayant et rapprocher cet objet de plus en plus du cheval (over shadowing) ;
  • Associer le stimulus effrayant avec un stimulus positif comme la nourriture (contre conditionnement) ;
  • Ignorer les comportements indésirables et renforcer les comportements que l’on souhaite (renforcement différentiel) ;
  • Eviter les techniques d’inondation (forcer le cheval de subir l’objet effrayant).

Le sixième principe vise à utiliser correctement le conditionnement opérant. Le conditionnement opérant est probablement la première chose qu’on apprend en centre équestre, sans forcément que l’on soit mis au courant. Avec les années d’expérience, il est nécessaire de comprendre comment fonctionne ce conditionnement : un comportement sera reproduit ou non selon sa conséquence (voir l’article). La pression (ex : du mors, des jambes, du stick) doit être retirée dès que le cheval répond et nous nous devons d’éviter la punition positive (on ne tape pas son cheval). Par ailleurs, il faut minimiser l’attente des renforcements car ils ne sont pas éthiques et ne sont pas efficaces.

Le septième principe vise à utiliser correctement le conditionnement classique. L’ISES parle de signaux légers que l’on devrait émettre avant chaque demande. En revanche, je ne trouve pas que ça fasse partie du conditionnement classique, mais soit. Ainsi, entrainer le cheval à reconnaitre des signaux légers favoriserait son bien-être et diminuerait le stress du cheval pendant les séances.

Le huitième principe concerne l’apprentissage en modelant (peaufiner, « shaping » en anglais) une réponse à la fois. Une des clés pour entrainer nos chevaux ! Il s’agit de décomposer les exercices en unités les plus petites possibles et renforcer progressivement chaque unité s’approchant du comportement souhaité. Par ailleurs, il est important de maintenir un environnement constant pour entrainer un nouvel exercice et donner au cheval le temps d’apprendre en douceur. Nous devons ne changer qu’un seul paramètre (cavalier, endroit, signal) à la fois.

Le neuvième principe veille à la mise en place de codes faciles à distinguer pour le cheval. 1 code = 1 réponse. Chaque signal doit se faire dans un endroit bien précis du corps du cheval et lorsque nous faisons un code, nous devons faire preuve de clarté.

➡ Et enfin, le dernier principe met en avant le maintien des réponses dans le sens où il faut obtenir un cheval auto-porteur. Le cheval doit etre capable de maintenir son allure, son attitude, sa direction sans que l’on ait à forcer une position par des demandes constantes.


Bibliographie

Roche, H. (2013). Motiver son cheval. Belin.

ISES. (2018). Principles of Learning Theory in Equitation. Récupéré sur Equitation Science: https://equitationscience.com/equitation/principles-of-learning-theory-in-equitation

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