Le conditionnement classique

Photo de Edward Eyer

Le conditionnement classique fait partie des deux grands moyens de communication. C’est un conditionnement que j’ai longtemps sous-évalué puisqu’il n’aboutissait pas à l’apprentissage de comportements. Pourtant, la relation qu’on entretient avec notre cheval se fait principalement en conditionnement classique. Ce conditionnement fonctionne aussi bien pour les chiens, les chevaux que les humains. Il explique pourquoi nous aimons ou non quelque chose.

Pour résumé, le conditionnement classique, aussi appelé conditionnement pavlovien, fait référence à apprentissage passif où il y a une association faite entre un stimulus de l’environnement (donnant suite à une réponse physiologique de l’organisme comme de la nourriture) et un stimulus neutre. Le stimulus, autrefois neutre, provoquera la même réponse physiologique que le stimulus de l’environnement avec lequel il a été associé.


Les différents motivateurs

Avant de plonger dans un exemple concret, un peu de théorie.

➡ Un motivateur primaire correspond à un besoin vital. Le cheval n’a pas besoin d’apprentissage pour produire une réponse. Un motivateur primaire peut être : les friandises, les caresses…

➡ Un motivateur secondaire n’engendre aucune réaction de base. Grâce au conditionnement classique, le cheval lui attribuera une valeur (positive ou négative) et se comportera en conséquence des émotions qu’il ressent à l’égard de ce motivateur.

Il existe donc des motivateurs à connotation positive et à connotation négative. Cet aspect dépendra de comment le cheval perçoit naturellement le motivateur en question ou l’association qu’il en a faite. Il va alors chercher à fuir les motivateurs négatifs et à chercher les motivateurs positifs.

Nous sommes des motivateurs secondaires pour le cheval. Il nous a associé à une émotion précise grâce à toutes les choses que nous faisons avec lui. C’est pourquoi, il est important de s’associer avec des expériences positives.

Si nous venons voir notre cheval uniquement pour l’emmener travailler en carrière de manière intense, il ne va pas nous accueillir joyeusement. Nous nous transformerons en annonciateur d’efforts intenses qui ne lui sont pas agréables. Nous deviendrons nous-mêmes désagréables et à fuir.

Au contraire, si nous avons la possibilité de rendre régulièrement visite à notre cheval, de passer un moment à le gratter, de lui donner sa friandise préférée, les émotions qu’il ressentira avec nous seront de plus en plus positives. Jenifer Zeligs parle de « Come Bearing Gifts  » dans le sens où il faut toujours rendre visite à son animal en ayant quelque chose de chouette à lui apporter. Connection Training parle de « Casual Connection Time  » qui correspond aux moments de complicité que l’on peut passer hors séance. Ce sont ces moments qui forgent la relation.


Introduire le clicker

Avant le conditionnement, le stimulus neutre (clicker) ne déclenche aucune réponse de la part de l’individu (réponse neutre). Contrairement au stimulus inconditionnel (friandise) qui déclenche une réponse réflexe, instinctive, sans apprentissage préalable (réponse inconditionnelle).

Pendant qu’on va conditionner le cheval, on va associer les deux stimuli (clicker + friandise). Le cheval aura à chaque fois la réponse inconditionnelle (attendre la friandise) par la présence des friandises. A force de répétitions, le clicker va devenir un stimulus conditionnel puisqu’il aura le même effet que la friandise. Sauf qu’on l’appellera : stimulus conditionnel (car on a créé cette association).

Même si le clicker engendre la même réponse physiologique que la nourriture, cela ne veut pas dire qu’on peut l’utiliser sans friandise. Il est nécessaire de maintenir une association entre le stimulus conditionné et le stimulus inconditionnel. Si on arrête de donner une friandise après le clicker, ce dernier n’aura plus aucun sens pour le cheval et on risque de créer de la frustration. En revanche, il est toujours possible de ne pas maintenir cette association à 100% au fil des entrainements. Le but est que le son du clicker demeure significatif pour le cheval.

Vidéo qui explique comment introduire le clicker avec son cheval

Vidéo humoristique du conditionnement classique du point de vue humain

Sur la vidéo, on peut voir que l’homme mène une expérience sur son collègue. A chaque fois qu’il redémarre son ordinateur, il propose un chewing gum à son collègue. Il répète les mêmes actions pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’il redémarre son ordinateur, sans rien proposer à son collègue et que ce dernier tend sa main pour avoir le chewing gum. Il avait associé le bruit du redémarrage au chewing gum. Il devient alors frustré de ne pas recevoir de chewing gum. Et c’est ce qu’il se produit avec les chevaux lorsqu’on ne leur donne pas la friandise après avoir cliqué.

Page 2 : Les différents marqueurs

2 commentaires sur « Le conditionnement classique »

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