Cheval stressé, quel impact ?

La physiologie du stress

Lorsqu’un stimulus effrayant est perçu, l’information est reçue par le cerveau dans la région connue sous le nom d’hypothalamus, importante pour le traitement des émotions. Il existe deux réponses principales face à un stress : l’une permettant de libérer de la noradrénaline et de l’adrénaline et l’autre qui permet la libération de cortisol.

La réponse comprenant le système nerveux autonome prépare le corps pour un changement rapide du métabolisme. Cette réaction est utilisée par le cheval lorsqu’il doit prendre une décision s’il s’agit de se battre ou fuir (fight or flight response).

L’hypothalamus peut également libérer une hormone appelée corticolibérine (CRH). L’information pour cette réponse est plus lente et moins spécifique car les informations reçues sont véhiculées dans le sang. La CRH déclenche à son tour une activité dans l’hypothalamus, qui va elle aussi libérer davantage de CRH qui stimule l’hypophyse en libérant l’hormone adrénocorticotropine (ACTH). La libération d’ACTH déclenche la libération des glucocorticoïdes (y compris le cortisol) dans la circulation sanguine par les glandes surrénales.

Dans une situation de faible stress, le cortisol déclenche des réponses inhibitrices afin de limiter la libération de tous ces éléments chimiques (CRH et ACTH) aux niveaux de base. Cependant, si le cheval est toujours en situation de stress, la libération continue de la CRH et d’ACTH maintiennent des niveaux élevés de cortisol dans le sang.


Les conséquences du stress sur le long terme

De nombreux chevaux dans des environnements qui ne respectent pas leurs besoins fondamentaux peuvent être confrontés à des facteurs de stress prolongés, aussi dits chroniques. Le cheval n’a pas le temps de se remettre de ce type de stress puisque le stimulus en cause ne cesse pas. Il faut savoir que la réponse au stress a été conçue pour traiter une réponse aiguë (c’est-à-dire, un moment de stress dont le cheval se remet immédiatement) et que l’activation prolongée de la réponse au stress peut compromettre la santé, la productivité et le bien-être des chevaux :

  • Ulcères
  • Efficacité réduite du système immunitaire
  • Diminution de la croissance
  • Apprentissage et mémoire altérés
  • Hypertension
  • Fatigue surrénale
  • Manque d’appétit
  • Dépression et anxiété
  • Seuil de tolérance auquel le cheval réagit plus faible (d’où le fait qu’il « explose » plus rapidement)

Les conséquences comportementales d’un stress prolongé sont :

  • Comportements anormaux (exemple : automutilation)
  • Stéréotypie
  • Apathie

❗ Ce qu’il faut retenir

Un cheval stressé – et incapable de récupérer de ce stress avant l’arrivée du prochain événement stressant – aura du mal à répondre efficacement à nos demandes. Sa santé et son bien-être seront compromis et il n’apprendra pas correctement. Qu’il s’agisse du cheval de loisir ou du cheval de sport, il est important de rester attentif aux premiers signes que nous envoie le cheval concernant son état psychologique.

Bibliographie :

Draaisma, R. (2018). Language Signs & Calming Signals of Horses. CRC.

Rogers, S. et al. (2018). Equine Behaviour in Mind. Suzanne Rogers.

6 commentaires sur « Cheval stressé, quel impact ? »

  1. Merci pour cet article !
    J’ai une jument très stressée pour tout, elle ne cabre pas ne mort pas ne fuie pas mais elle sursaute et elle est toujours à l’affut. A l’attache, en carrière, en balade du coup c’est assez compliqué de capter son attention, de travailler dans le calme par exemple. Comment peut on travailler ça ? Merci

    1. Comment vit-elle ? Est ce qu’elle a assez de sorties ? Assez de fourrage ? Du concentré ? De la vie sociale ?

      Si elle a un mode de vie qui correspond à ses besoins, je te conseille de passer du temps à la désensibiliser 🙂

      1. Elle vit en paddock (pas grand) avec un poulain qu’elle a totalement adopté notamment, niveau vie sociale je pense qu’elle est épanouie, j’essaie de la sortie 3 a 4 fois par semaine au pré. Le reste je sais pas si ca lui correspond.. Je sais qu’elle est assez vorace quand je lui tend a manger (pomme ou autre) je me suis toujours demandée si elle n’avait pas été privée dans son jeune temps, mais aujourd’hui elle n’a pas le fourrage a volonté par exemple… Peut être que ca lui convient pas.
        Penses tu que même avec les conditions les plus idéales possibles de vie, avec les chevaux au tempérament stressé, il est possible des totalement les apaiser ?

      2. Si la pizza est ton repas préféré et que tu n’en as qu’une fois par semaine, tu as tout de suite envie de tout manger. La pomme ou autre doit avoir une valeur forte pour elle.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.